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 SNESUP-METZ: pourquoi demande abrogation?

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Lorène
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MessageSujet: SNESUP-METZ: pourquoi demande abrogation?   Jeu 6 Déc - 23:29

SNESUP-METZ : pourquoi nous demandons l’abrogation de la LRU ?

Veuillez trouver ci-dessous un texte d’information du SNESUP-METZ à destination des étudiants et du personnel de l’Université de Metz.

Pour le bureau, Fabrice Montebello, U. de Metz.

Ce texte d’information est une adresse aux étudiants et au personnel de l’Université de Metz, à leur famille, et au-delà au grand public. Il exprime le point de vue des enseignants-chercheurs (professeurs et maîtres de conférences) adhérents de la section locale du SNESUP-FSU de l’Université Paul Verlaine de Metz.

Depuis le vote de la loi « Libertés et Responsabilités des Universités » (LRU) en plein été, sans discussion préalable, ni concertation – et donc en contradiction flagrante avec les méthodes de gouvernement prônées par le Président Nicolas Sarkozy lui-même – de nombreuses voix se sont élevées pour protester, non pas contre le principe d’une réforme de l’enseignement supérieur mais contre le contenu et les modalités de cette dernière.

Les étudiants messins qui manifestent avec d’autres en France contre la LRU depuis le début de l’année universitaire ont des raisons objectives d’être inquiets. Contrairement à ceux qui, à la tête de l’État ou de l’Université de Metz, réduisent le mouvement anti-LRU à l’agitation d’une poignée d’activistes politisés, nous soutenons avec conscience les revendications de ces étudiants et, pour la majorité d’entre eux, leur attitude calme et réfléchie. Leur action est une manière de sensibiliser les adultes responsables que nous sommes aux menaces qui pèsent désormais sur le service public d’enseignement supérieur et de recherche.

L’annonce d’une augmentation conséquente du financement des universités aurait dû soulager un personnel confronté depuis des années à une économie de la pénurie si cette dernière ne s’était réduite précisément à un effet d’annonce. En ajoutant parmi les nouvelles missions de l’université « l’orientation et l’insertion professionnelle » (article 1) - une compétence et un objectif spécifiques qui nécessitent un investissement considérable – la LRU annule l’effort qu’elle prétend privilégier.

En invitant les universités, au nom de l’autonomie, à la recherche de financements propres, cette loi met en concurrence l’ensemble des établissements au risque d’institutionnaliser les différences qui existent déjà entre les plus dotés et les moins dotés et de soumettre les critères de validité et d’excellence des diplômes et de la recherche, aux modes d’évaluation qui caractérisent l’espace du marché.

En généralisant le recours à l’emploi précaire dans toutes les catégories de personnel (Biatoss, enseignants-chercheurs et chercheurs), la LRU attaque frontalement le principe de la pérennité des emplois publics qui - contrairement à ce que laissent entendre ses détracteurs - ne relève pas d’un égoïsme corporatif du personnel en place, mais est le garant de la continuité du service public et de l’indépendance du fonctionnaire à l’égard de tous les pouvoirs politiques (qu’ils soient de droite ou de gauche).

En consacrant l’omnipotence du président et en supprimant les moyens du contrôle de son action par l’ensemble de la communauté universitaire, la LRU met fin au principe de la collégialité et ouvre la porte à l’arbitraire et au clientélisme. Elle réduit ainsi le concours républicain – dont la neutralité est le garant de l’égalité de tous les citoyens face à la possibilité d’accéder à la fonction publique – à la portion congrue, selon les mots d’ordre de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy : « moins de fonctionnaires, mais mieux payés » que l’on doit traduire ainsi : « plus de haut fonctionnaires et moins de petits fonctionnaires ».

La LRU s’inscrit logiquement dans cette attaque en règle contre la fonction publique nationale qui demeure encore aujourd’hui le débouché privilégié des étudiants formés au sein de l’université française, notamment des plus modestes d’entre eux. Cette loi sanctionne le règne de « l’équité » comme institutionnalisation des inégalités de fait et compétition sauvage entre les individus où finissent par triompher non pas les « meilleurs », les plus « compétents » ou les plus « méritants », mais ceux qui sauront se faire valoir auprès des réseaux de pouvoir, qu’ils y soient déjà inscrits par le miracle social de la reproduction des élites, ou qu’ils contribuent à créer, par opportunisme, les raisons de leurs succès.

La LRU achève aussi le travestissement des valeurs républicaines opéré par le pouvoir en place : l’individualisme et l’esprit de cour contre « la liberté », « l’équité » au détriment de « l’égalité », la stigmatisation des jeunes et la logique verticale de la préservation des élites sociales, à la place de la solidarité et de la « fraternité ».

Plus généralement, la concentration actuelle des pouvoirs au sein des équipes dirigeantes en place, le musellement de l’information et la gestion clanique du personnel dans un espace relativement contrôlé par les collèges augurent mal de la nature transparente et démocratique de la gestion future des universités dans le cadre de la LRU où le verrou du contrôle collectif a définitivement sauté.

Ce fonctionnement pose d’ores et déjà des problèmes d’opacité (les enseignants sont mal informés) d’autocratie (ils sont de moins en moins consultés par le président et les directeurs d’UFR) et de bureaucratie (des élus se comportent de plus en plus comme des supérieurs hiérarchiques) et donc doit nous alerter sur un remède qui risque d’aggraver les dysfonctionnements actuels.

La section SNESUP de l’université de Metz appelle l’ensemble du personnel de l’université et les étudiants à réfléchir au contenu de la loi LRU et à lutter contre les menaces évidentes qu’elle fait peser sur le service public d’enseignement supérieur et de recherche dont le principe central – l’autonomie intellectuelle – a pourtant fait sa réputation dans le monde.

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