Mouvement des étudiants stéphanois

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 Communiqué de Lille III

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Lorène
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Localisation : Saint-Etienne Tréfilerie
Date d'inscription : 25/11/2007

MessageSujet: Communiqué de Lille III   Lun 10 Déc - 1:11

En tant qu’étudiants, nous nous sommes permis de venir vous solliciter pour que soient dites certaines choses que les médias d’eux –mêmes, sans doute reçus froidement dans nos assemblées générales et sur nos campus à cause de leur fréquent parti-pris en notre défaveur, ont omis de dire.

Notre mobilisation, nous ne nous en cachons pas, a été d’ampleur nationale, mais trop faible et trop peu coordonnée pour être entendue. Cependant, elle nous a permis de mettre en évidence et de clarifier à la fois la portée de nos revendications, mais aussi la gravité de la situation actuelle.

La loi sur laquelle porte notre mobilisation, c’est-à-dire celle sur l’autonomie des universités, a été négociée et adoptée durant les vacances d’été, sans que la communauté universitaire ne soit en mesure de se réunir pour en discuter afin d’en saisir tous les enjeux. Nous avons très tôt dénoncé les méthodes utilisées par ce gouvernement pour faire passer ses réformes, qui en règle générale n’emportent pas l’adhésion d’une majorité. Cette loi de réorganisation de l’enseignement supérieur est suffisament importante et grave pour qu’un véritable débat aie dû être organisé avant toute légifération. La LRU n’est que l’aboutissement de la fièvre de privatisation engagée par les libéraux contre les services publics essentiels et n’est qu’un pas de plus vers la mise en concurrence des moindres éléments constitutifs de notre société. Mûrie depuis une dizaine d’années par les politiciens libéraux de nos gouvernements européens, la LRU n’est que l’application française du processus européen de Bologne signé en 1999 par les Etats membres de la communauté européenne dans le but de mettre en concurrence entre elles ses universités. La preuve en est les mobilisations comme à Barcelone en Espagne ou Manheim en Allemagne contre les conséquences de ces politiques libérales. Car cette loi permet ni plus ni moins :

- la dépense libre des dotations de l’Etat, voire libre fixation des frais de scolarité, c’est-à-dire une augmentation progressive et sans limite des frais d’inscriptions.
- la répartition libre des crédits de l’Etat dans les différentes filières, donc instauration de filières dites rentables et fermeture progressive de filières dites "poubelles"
- une sélection progressive sur dossier à l’entrée de l’université.
- un recrutement autonome des enseignants, des chercheurs et du personnel administratif. Voire libre gestion de la politique salariale et des plans de carrière, donc signature de contrats de droit privé.
- la perte de représentativité des enseignants, personnels et étudiants dans les Conseils d’Administration au profit de la seule présidence.
- l’entrée des entreprises dans les organes décisionnels de l’université, impliquant le droit de regard des chefs d’entreprises sur les budgets et le contenu des filières.
- l’appel à des financements privés de la part des universités pour subvenir aux besoins financiers dont l’Etat s’est désengagé.
- l’acquisition de valeurs mobilières et constitution de fonds de placements par les universités, donc transformation de l’université en entreprise.

Il était donc de notre devoir et de notre droit de nous opposer fermement à cette nouvelle loi qui s’inscrit encore une fois dans une logique globale de désengagement de l’Etat et de casse des acquis sociaux au profit d’un idéal irresponsable qui prône la concurrence, le profit et la croissance perpétuelle. Nous demandons à ce que la société prenne conscience que le chômage n’est que le résultat de ces politiques qui se sont mises en place depuis les années 1980. Ce n’est pas le système éducatif qui doit s’adapter aux caprices des entreprises, mais au chefs d’entreprises de prendre en considération la valeur de nos formations et de nos diplômes. Si aujourd’hui une majorité de la société française est mécontente et s’est prononcée à 54,67% contre le projet de constitution européenne en 2005, c’est sans doute que le libéralisme et l’esprit sécuritaire de nos gouvernements ne sont pas une réponse à la précarité, au chômage, au faible pouvoir d’achat et aux nombreuses plaies de la société actuelle.

Nous souhaitons interpeller le gouvernement sur sa façon d’envisager le dialogue social. Faire des descentes dans les usines et parader dans les quartiers populaires, être omniprésent dans les médias, tout en augmentant ses propres salaires et prendre ses vacances sur un yacht, c’est la conception de la politique que peuvent avoir Bush ou Poutine, mais ce n’est pas ce que nous attendons d’une démocratie. Parallèlement, l’autisme de notre gouvernement, son incapacité à tenir compte de la colère qui s’exprime dans la rue et dans les quartiers, le recours permanent aux symboles et aux émotions, à la répression, sont autant de signes d’une radicalisation du pouvoir que nous contestons vivement.

Enfin, les syndicats invités à la table de négociation par notre gouvernement n’étaient pas représentatifs de la communauté étudiante qui demandait expressément l’abrogation de cette loi et non son amendement. C’est une des raisons qui ont poussé la coordination nationale réunie à Lille les 24 et 25 novembre de se distancer de l’UNEF majoritaire, parce qu’elle n’était pas en phase avec les revendications des étudiants mobilisés, décision délicate qui a eu le mérite de montrer qu’un mouvement n’est pas qu’une initiative syndicale. Le mouvement étudiant n’a jamais considéré l’UNEF majoritaire comme le fer de lance de sa mobilisation et réprouve les tentatives de négociation engagées par Jacques Julliard au nom d’une communauté universitaire qu’il ne représente pas.

Dans l’idéal, nous avançons les revendications suivantes :

- la suppression de la LRU, de la Loi sur l’Egalité des Chances et l’opposition à l’instauration du processus de Bologne.
- un service public gratuit, de qualité et non soumis aux lois du marché (qui implique la suppression des franchises médicales).
- la titularisation des précaires de la Fonction Publique.
- les 37,5 anuités pour tous.
- la généralisation de la semaine de 4 jours (32 heures) générant la création de CDI.
- une meilleure répartition des richesses, par l’instauration de taxes sur les grosses fortunes et les transactions.
- la régularisation des sans papiers présents sur le territoire français (impliquant l’arrêt des expulsions).
- l’abandon des réformes de la carte scolaire et de la carte judiciaire.
- un logement décent pour tous.

LES ETUDIANTS MOBILISES CONTRE L’AUTONOMIE DES UNIVERSITES

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